La PS3 fat, le modèle épais des débuts sorti fin 2006, a maintenant l’âge d’une voiture qu’on garde par attachement plus que par raison. Beaucoup dorment dans un placard depuis qu’elles ont affiché un jour ce voyant jaune suivi d’un écran noir, le fameux YLOD (Yellow Light of Death). La bonne nouvelle, c’est que ce symptôme n’est presque jamais une carte mère morte : c’est le plus souvent de la pâte thermique séchée après quinze ou vingt ans, qui n’assure plus le contact entre le processeur et son dissipateur. La console surchauffe, se protège en coupant, et le voyant passe au jaune.
Étape 1 — reconnaître le YLOD et ne pas se précipiter
Avant de démonter quoi que ce soit, il faut confirmer le diagnostic. Une PS3 fat qui s’allume, biippe une fois, puis clignote en jaune et s’éteint après quelques secondes présente presque toujours le YLOD classique. Si la console ne réagit même pas au bouton d’allumage, le problème est ailleurs (alimentation, fusible) et le remède ci-dessous ne servira à rien. Dans le doute, laisser reposer la console éteinte une nuit entière avant de tenter quoi que ce soit : certaines repartent temporairement après un simple refroidissement complet, signe presque certain d’un problème thermique.
Étape 2 — ouvrir la console et retirer l’ancienne pâte
Le démontage d’une PS3 fat demande un tournevis Torx T10, un peu de patience avec les nappes internes, et surtout de la méthode : photographier chaque étape avant de débrancher un connecteur évite bien des erreurs au remontage. Une fois le dissipateur du processeur principal (le CXD ou le RSX selon le modèle) accessible, l’ancienne pâte thermique apparaît craquelée, presque poudreuse. Elle se retire à l’alcool isopropylique et un chiffon non pelucheux, sans jamais gratter le die du processeur avec un objet dur.
Étape 3 — appliquer une pâte thermique de qualité
Une petite noisette de pâte thermique neuve, étalée en couche fine et homogène, suffit : trop en mettre est aussi néfaste que pas assez, car l’excédent isole au lieu de conduire. Les pâtes à base de composés céramiques tiennent généralement mieux dans la durée que les premiers prix, un détail qui compte pour une console qu’on espère garder encore dix ans. C’est le moment idéal, la coque ouverte, pour dépoussiérer soigneusement les deux ventilateurs internes à l’air comprimé : la poussière accumulée est souvent la cause profonde de la surchauffe initiale.
Étape 4 — en profiter pour changer le disque dur
La PS3 fat accepte n’importe quel disque dur 2,5 pouces au format SATA, celui des anciens ordinateurs portables, sans bridage de capacité particulier. C’est souvent l’occasion, une fois la coque ouverte, de remplacer un disque d’origine de 20 ou 40 Go, ridiculement petit aujourd’hui, par un modèle plus généreux récupéré dans un tiroir. Le formatage se fait automatiquement au premier démarrage depuis le menu système, sans manipulation compliquée.
Une fois remontée, la console redémarre en général sans accroc, et c’est aussi l’occasion de redécouvrir un atout que peu de joueurs connaissent encore : certains modèles de PS3 fat conservent la rétrocompatibilité PS2, matérielle sur les tout premiers modèles européens, partiellement logicielle sur les suivants. De quoi ressortir une vieille galette de PS2 en plus des jeux PS3, sans changer de console. Pour aller plus loin sur le matériel qui accompagne une console qu’on répare soi-même plutôt que qu’on jette, notre rubrique high-tech et informatique détaille aussi le remplacement d’un disque dur par un SSD. Et pour organiser un vrai coin dédié à la console une fois qu’elle tourne à nouveau, un tour du côté de la vie pratique du joueur ne fait pas de mal. Les caractéristiques techniques complètes de la machine, pour les curieux, restent bien documentées sur la page Wikipédia consacrée à la PlayStation 3.




